Cohabitation au Sénégal
Sonko-Diomaye : L'ère de la cohabitation corsée
Le Premier ministre Ousmane Sonko a évoqué une « cohabitation douce » avec le Président Bassirou Diomaye Faye, mais cette affirmation cache-t-elle une réalité plus complexe ? Le Sénégal est-il vraiment en période de cohabitation ?
Le concept de cohabitation implique généralement une situation où le président de la République et le Premier ministre appartiennent à des partis opposés, ce qui n'est pas le cas au Sénégal. Le Président Faye et le Premier ministre Sonko ne sont pas issus de partis différents, ce qui remet en question l'idée d'une véritable cohabitation.
La cohabitation, dans les faits, nécessite un partage du pouvoir exécutif, avec le chef de l'État se concentrant sur l'arbitrage et la politique étrangère, tandis que le Premier ministre et son gouvernement gèrent la politique intérieure. Or, au Sénégal, cette répartition des rôles n'est pas clairement établie.
Le Président Faye a finalement reconnu l'existence d'un conflit au sommet de l'État, après avoir longtemps ignoré les désaccords en public. Cette prise de conscience pourrait marquer un tournant dans les relations entre le Président et le Premier ministre.
Il est essentiel de comprendre que la cohabitation, en tant que forme de gouvernement, n'est pas inscrite dans la Constitution sénégalaise, mais peut émerger comme une pratique institutionnelle pour respecter le vote des citoyens.
La « cohabitation corsée » évoquée par le Premier ministre Sonko pourrait bien être une réalité à venir, mais il est crucial de clarifier les rôles et les responsabilités de chacun pour éviter les conflits et assurer une gouvernance efficace.