Ingénierie financière ou dérive dangereuse ? Le Sénégal face à ses engagements cachés (Par Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil )
Anciens Députés à l’Assemblée Nationale du Sénégal En tant qu’anciens mandataires du peuple, nous avons pour devoir de rompre le silence sur une pratique financière qui menace les fondements mêmes de
Anciens Députés à l’Assemblée Nationale du Sénégal En tant qu’anciens mandataires du peuple, nous avons pour devoir de rompre le silence sur une pratique financière qui menace les fondements mêmes de notre souveraineté économique. L’annonce récente d’un « prêt relais » de 650 millions d’euros (426 milliards de FCFA), contracté dans l’urgence pour éviter un défaut de paiement, n’est que la face émergée d’un iceberg bien plus dangereux : le recours aux Total Return Swaps (TRS). La Fin de la Transparence Budgétaire : Le TRS n'est pas un emprunt ordinaire. C'est une ingénierie de l'ombre qui permet de faire sortir la dette des radars officiels. En utilisant ces produits dérivés, l'État s'endette sans que le chiffre n'apparaisse immédiatement dans le stock de la dette publique brute. Cette « cosmétique » financière est une insulte à la transparence que nous avons toujours défendue au sein de l'hémicycle. On ne gère pas les finances d'une nation comme on manipule des écritures comptables dans une officine privée. Le Risque de Collatéral : Une Hypothèque sur nos Actifs Le danger du TRS est son mécanisme de « marge ». Pour garantir ces 426 milliards, l’État a dû mettre en gage des actifs ou s’exposer à des variations de marché imprévisibles. Si la signature du Sénégal se dégrade davantage, les banques créancières exigeront du cash immédiat. Au moment où le Sénégal doit investir dans ses pôles régionaux, de Kaolack à Tambacounda, et soutenir sa jeunesse, nous risquons de voir nos maig