Quand le sensationnalisme médiatique façonne insidieusement nos consciences (Par Buujuman)

mercredi 8 avril 2026 TechNova
Quand le sensationnalisme médiatique façonne insidieusement nos consciences (Par Buujuman)

Informer sans déformer , alerter sans banaliser est un défi démocratique majeur à l’ère de la surmédiatisation. Au Sénégal, comme ailleurs, l’espace médiatique a profondément muté. La concurrence accr

Informer sans déformer , alerter sans banaliser est un défi démocratique majeur à l’ère de la surmédiatisation. Au Sénégal, comme ailleurs, l’espace médiatique a profondément muté. La concurrence accrue entre organes de presse, l’irruption des réseaux sociaux et la course à la viralité ont transformé la manière de produire et de consommer l’information. Désormais, ce qui fait la « une » n’est plus seulement ce qui est important, mais ce qui capte, choque, retient. Faits divers à caractère sexuel, affaires de viol, polémiques autour de l’homosexualité, scandales intimes exposés sans filtre : aujourd'hui, une partie de l’actualité semble s’organiser autour d’une logique de dramatisation permanente. On a vu récemment comment certaines affaires ont été traitées comme des feuilletons quotidiens. Mais derrière cette agitation médiatique se joue une transformation silencieuse, plus profonde et redoutable : celle de notre rapport collectif à la gravité, à la morale et à l’indignation. Une société sous pression de l’émotion médiatique Le Sénégal a longtemps été marqué par une presse d’opinion structurée, souvent engagée, mais aussi soucieuse de pédagogie et de hiérarchisation. Aujourd’hui, sous l’effet de l’économie numérique, une autre logique tend à s’imposer : celle de l’impact immédiat. Comme le soulignait Herbert Simon : « une abondance d’information crée une pénurie d’attention. » D’autres auraient parlé d' infobésité . Dans ce contexte, l’attention devient une ressource rare et