Tortures et exécutions au Mali : « Ils les ont ligotés, avant de les décapiter » témoignent des réfugiés

mardi 19 mai 2026 TechNova
Tortures et exécutions au Mali : « Ils les ont ligotés, avant de les décapiter » témoignent des réfugiés

"Sa mort est ma plus grande souffrance", s'étrangle Chérifa*, le voile taché de larmes en évoquant son fils, décapité par un commando de l'armée et de paramilitaires russes au Mali l'été dernier. Comm

"Sa mort est ma plus grande souffrance", s'étrangle Chérifa*, le voile taché de larmes en évoquant son fils, décapité par un commando de l'armée et de paramilitaires russes au Mali l'été dernier. Comme elle, une dizaine de réfugiés maliens en Mauritanie ont témoigné à l'AFP des violences commises contre les civils par l'armée malienne et ses alliés russes qui l'épaulent dans sa lutte contre le jihadisme. A l'abri d'une construction de briques sommaire, la sexagénaire raconte comment son fils et quatre autres personnes, partis vendre de la marchandise au Mali, ont croisé la route de l'armée malienne et de paramilitaires russes du groupe Africa Corps en août dernier, à quelques kilomètres de la frontière. Des bergers qui s'étaient cachés dans les environs ont rapporté la scène: "Les agresseurs les ont ligotés, avant de les décapiter (...) Ils ont mis le feu aux marchandises", raconte Chérifa, dont le nom a été changée pour sa sécurité, comme toutes les personnes interrogées sur ce sujet. Personne n'a osé venir récupérer les cinq hommes avant le lendemain, par peur d'une embuscade ou que les dépouilles soient piégées. "Leurs corps ont été retrouvés le jour suivant", s'émeut la nomade aux traits burinés par le soleil, qui n'a "pas eu le courage de jeter un dernier regard" à la dépouille de son fils, qui comme les autres n'avait "rien fait". - "Peuple innocent" - L'armée et les Russes "déversent leur haine sur le peuple innocent, faible et inoffensif", lâche-t-elle. Les communauté